Développement durable


Le respect de l'environnement est une priorité pour les entreprises du SEFI. Cette démarche s'inscrit plus globalement dans le cadre du concept de développement durable dont il est une des composantes.

Pour formaliser leur engagement, les grands groupes français d'infrastructure se sont engagés depuis plusieurs années dans une procédure de certification ISO 14001 (environnement) étendue à l'ensemble de leurs activités et de leurs filiales, tant en France qu'à l'étranger, en se fixant des objectifs annuels et à moyen terme ambitieux. Afin de démontrer l'importance accordée au plus haut niveau aux questions environnementales, certains groupes ont nommé des responsables Développement Durable. D'autres entreprises ont privilégié une approche plus décentralisée en désignant par exemple un responsable environnement au sein de chaque filiale. Une action a également été menée vis-à-vis de leurs sous-traitants et fournisseurs en intégrant des critères environnementaux dans les appels d'offres et en sensibilisant les donneurs d'ordre à des procédés de construction permettant d'accroître la durée de vie d'un ouvrage ou facilitant son entretien.

Afin de mobiliser l'ensemble de leurs collaborateurs pour qu'ils intègrent les concepts et outils du dévelop-pement durable à leurs pratiques managériales et commerciales, la majorité des entreprises ont en outre adopté des chartes environnementales. De nombreuses autres initiatives, telles que des campagnes d'affichage, des lettres d'information spécialisées, la constitution de groupes de réflexion et de travail, des partenariats institutionnels et industriels, des échanges d'expériences destinés à valoriser les bonnes pratiques, ont été lancées.

La sensibilisation et la formation de leur personnel aux problématiques environnementales est l'un des principaux vecteurs permettant aux entreprises de construction d'avoir une action concrète sur le terrain. Le nombre d'heures et de programmes consacrés à ce thème se sont ainsi récemment beaucoup développés.Au delà des mesures prises pour réduire l'impact de leur activité sur l'environnement, certaines entreprises ont développé une offre spécifique dans ce secteur telle que l'assainissement d'eau, la réhabilitation des sols pollués (ex : usine Spolana Neratovice en Tchéquie réalisée par Solétanche Bachy)... Des contrats ou démarches spécifiques ont également été créés (ex : bâtiment HQE® ou offre spécifique de Spie Batignolles, Concertance Environnement®). La réalisation de bâtiments de « Haute Qualité Environnementale® » permet en effet la maîtrise des impacts sur l'environnement durant toutes les phases de construction et de la vie d'un bâtiment (y compris sa destruction).

Dans le cadre de leurs activités de construction, l'action des grandes entreprises du SEFI pour préserver l'environnement porte en particulier sur les objectifs suivants :

RÉDUIRE LA CONSOMMATION DE MATÉRIAUX ET D'ÉNERGIE

La diminution de la consommation d'eau, d'électricité, d'émissions de gaz carbonique est l'un des moyens pour les grandes entreprises de réduire l'impact de leurs activités sur l'environnement. Elles cherchent également à développer une gamme de produits « plus propres ».

Différents instruments permettent d'atteindre ces objectifs :
  • l'Innovation : la politique d'Innovation et de R & D des majors français de construction qui constitue l'un de leurs axes stratégiques de développement et a fait leur réputation dans le monde entier, s'exerce aussi dans le secteur de l'environnement. De nombreux outils ou produits plus propres ou moins consommateurs d'énergie et de matériaux sont aujourd'hui conçus grâce à la R & D. L'entreprise Colas a par exemple mis au point en 2003 un liant sans bitume d'origine entièrement végétale ;
  • elle est aussi à l'origine de la fabrication de peintures et vernis sans solvant (Resithan Park et Park UV). Au niveau européen, l'entreprise GTM (Groupe VINCI) est le coordinateur d'un programme de recherche, le projet PICADA (Photocatalytic Innovative Coverings Applications for Depollution Assessment), dont l'objectif est de mettre au point une gamme d'enduits de façade transparents et incorporant un composant aux propriétés autonettoyantes et dépolluantes. Les premiers essais devaient être effectués en 2004 sur les façades du village olympique d'Athènes. Ce type de produit permet d'allonger le délai entre les ravalements et de mieux préserver le patrimoine historique sans nuire à l'esthétique des bâtiments grâce à son effet transparent ;
  • la mise en place de tableaux de bord permettant de déterminer la consommation des différents produits et matériaux et de se fixer des objectifs de baisse à atteindre ;- l'utilisation croissante de matériaux recyclés : dans le cadre du chantier portant sur la construction du contournement routier de Newport au Pays de Galles, VINCI Construction Grands Projets a utilisé 95% de matériaux recyclés pour la réalisation des terrassements et des routes. Le groupement a d'ailleurs obtenu une distinction dans le cadre de ce projet en recevant le titre de « National Winner » des Green Apple Awards qui récompensent les ouvrages contribuant au développement durable. Dans le secteur routier également, il existe des techniques de rénovation des chaussées utilisant des matériaux recyclés ;
  • la mise en place de procédés de construction permettant de réduire la consommation de matériaux. L'une des illustrations en est la technique de réhabilitation des réseaux d'assainissement sans tranchée qui, outre la réduction d'apport de matières premières et la limitation de matériaux mis en décharge, présente l'avantage de réduire la gêne occasionnée aux riverains et de ne causer aucune détérioration aux voiries existantes. 40% des canalisations réalisées par Sade en 2004 le seront grâce à cette technique. En collaboration avec EDF et des groupes industriels, Bouygues Construction a par exemple mis au point des solutions permettant de limiter les déperditions d'énergie dans les zones sensibles (balcons, baies vitrées...).

  • PRÉSERVER LE CADRE DE VIE

    Avant le lancement d'un chantier, les études d'impact environnemental sont de plus en plus répandues permettant d'intégrer parfaitement l'ouvrage dans le paysage. De surcroît, de nombreux aménagements sont destinés à préserver la biodiversité (protection des espèces animales et végétales...), notamment dans le domaine routier.L'action des entreprises vise également à diminuer l'impact des nuisances liées à la réalisation d'un chantier : diminution du bruit (murs anti-bruit..), des émissions de poussière (Bouygues a par exemple mis au point un outil appelé « coupe cigare » qui permet de couper les poteaux en béton armé de grande section à l'intérieur des bâtiments. Cette machine qui remplace le marteau piqueur présente le double avantage de réduire la poussière émise et de diminuer la pénibilité du travail des ouvriers) et l'émission de particules (systèmes de filtres, d'aspiration..).

    OPTIMISER LA GESTION ENVIRONNEMENTALE DES CHANTIERS

    Le contrôle des déchets générés par les chantiers fait l'objet d'une attention accrue des grands groupes de construction qui opèrent un suivi rigoureux des quantités produites et retraitées. Leur action passe par le tri sélectif, la récupération systématique des produits nocifs et dangereux tant pour l'homme que pour la nature (eaux usées, hydrocarbures...), la mise en place de procédés destinés à prévenir toute dégradation tant au niveau du stockage que de la manipulation de ces produits (c'est ainsi que Bouygues Construction, par exemple, a mis au point un système de ravitaillement en carburant de ses engins en utilisant un pistolet hermétique de type Formule 1 dans le cadre du chantier Istrie B que le groupe a réalisé en Croatie. Son usage permet de réduire le risque de déversement d'hydrocarbures de manière significative), et la valorisation de certains rejets (les boues d'épuration peuvent ainsi être utilisées pour l'agriculture). Certains procédés permettent enfin de réduire directement le volume de déchets produits (dans le secteur de l'eau, le volume de boues peut être diminué grâce à la passivation des résidus).

    Outre les risques classiques inhérents au secteur de la construction, les entreprises, en particulier dans le secteur de l'eau, ont appris à gérer les risques de pollution chimique, microbiologique ou résultant d'actes de malveillance. Elles ont mis en place des systèmes de prévention, des dispositifs de gestion de crise, accompagnés d'actions de formation de leur personnel. Enfin, la remise en état des sites, notamment dans le domaine industriel, se généralise permettant de contribuer à la sauvegarde de l'environnement.