Activités en 2020


La survenue de la pandémie de Covid-19, qui a entraîné un brusque ralentissement de l'économie mondiale en 2020, tout particulièrement au cours du premier semestre de l'année, a eu un impact important sur les activités des principaux groupes français de construction, y compris à l'international, avec une baisse de 5,9% de leur chiffre d'affaires international, à €45,3 Mds.

En 2020, la part des activités internationales des entreprises françaises de construction a atteint un niveau historique, représentant 49,2% de leur CA total.

Le caractère mondial de la pandémie a entraîné un recul de leur CA international dans toutes les zones géographiques, dans des proportions variables : -16,9% en Amérique Latine, -11,4% en Asie/Océanie (-12,8% en Asie et -9,6% en Océanie), -10,3% en Afrique, -6,4% au Moyen-Orient, -4,9% en Europe et -0,5% en Amérique du Nord. En Europe, seuls les nouveaux Etats membres de l'UE à PECO majoritairement à ont été épargnés, avec une progression soutenue de 11%. Dans les pays de l'UE28, la décélération a été contenue avec une baisse de 4,4% du CA tandis qu'elle a été plus brutale dans les autres pays européens (-7,9%) et dans l'UE15 (-7,2%). 

Depuis la récession de 2008, le classement des principaux débouchés, sans avoir connu de bouleversements extrêmes, a légèrement évolué :
- l'Europe  reste le principal débouché des groupes français avec 58,6% de leur CA international total en 2020 (soit €26,6 Mds) ;
- l'Amérique du Nord figure en 2ème position depuis 2012 avec un CA de €7,6 Mds en 2020 (soit 16,8% du CA international) ;
- l'Asie/Océanie se positionne au 3ème rang depuis 2015, devant l'Afrique. Le CA atteint €5,1 Mds en 2020 (soit 11,3%), répartis entre €2,8 Mds pour l'Asie et €2,3 Mds pour l'Océanie ; 
- l'Afrique, qui occupait la troisième position des débouchés jusqu'en 2014, figure à la 4ème place (CA de €3,6 Mds, soit 7,9% du CA international) ;
- la position de l'Amérique Latine (CA de €1,6 Md, soit 3,6% du CA international) reste inchangée depuis 5 ans, au 5ème rang des débouchés ; 
- le Proche et Moyen-Orient se place au 6ème rang des débouchés (CA de €828 Mns, soit 1,8% du CA international en 2020).

Au sein du continent européen, la part de l'UE28 est largement prépondérante puisqu'elle concentre 86,5% du chiffre d'affaires (€23 Mds) tandis que celle des autres pays d'Europe y contribue à hauteur de 13,5% (€3,6 Mds). Au sein de l'UE, la part des activités réalisées dans les nouveaux Etats-membres s'est nettement amoindrie à en dépit d'une légère remontée en 2020 à par rapport à son niveau d'avant-crise, n'atteignant que 18% contre plus de 30% jusqu'en 2011. 

  • L'évolution de la répartition géographique du chiffre d'affaires international des groupes français de construction se caractérise ces dernières années par :
  • la prépondérance des activités internationales sur le continent européen : si ce phénomène s'est accentué entre 2002 et 2006 sous l'effet de l'intégration des PECO au sein de l'Union européenne, la part de cette région représente toujours plus de la moitié du CA international des groupes (58,6% en 2020). Depuis la crise de 2008, le poids des nouveaux entrants a fortement reculé et le volume d'affaires dépend pour une large part des pays d'Europe occidentale. La montée en puissance constante des « autres pays d'Europe » depuis quelques années mérite aussi d'être soulignée avec une hausse du CA souvent supérieure à celle de l'UE15 ;
  • un ancrage solide en Amérique du Nord : elle est le deuxième débouché des groupes français depuis 2012 et le poids du marché nord-américain en fait l'une de leurs zones prioritaires d'intervention. Les rachats d'entreprises réalisés en 2018 ont permis une nouvelle phase de développement qui s'est concrétisée par une hausse majeure du CA en 2018 et 2019. Si la pandémie de Covid-19 et le contexte pré-électoral ont créé des conditions moins favorables, les opportunités dans le secteur des infrastructures au cours des prochaines années offrent des perspectives favorables aux groupes français ; 
  • une capacité de résilience en Afrique : dans un contexte concurrentiel exacerbé, le recul global du CA des groupes français est patent depuis 2014, à l'exception de l'année 2019 où un rebond du CA de 12,6% a été enregistré. Si la part de cette région est désormais inférieure à 10%, elle se maintient néanmoins à un niveau relativement élevé (7,9% en 2020) ;
  • la montée en puissance de l'Océanie : à la faveur des rachats d'entreprises locales effectués par les groupes français au cours de ces dernières années, la part de cette région est supérieure à 5% depuis 2018 et le niveau de CA s'est nettement apprécié au point d'atteindre un montant proche de celui de l'Asie ; 
  • une présence géographique diversifiée : si de nombreux acteurs européens du secteur de la construction ont progressivement recentré leurs activités internationales autour de 2-3 marchés, les groupes français ont toujours eu une présence géographique diversifiée qu'ils ont maintenue au cours des années, malgré les aléas économiques et l'instabilité politique qui fragilisent certains régions du monde. Outre leur intérêt pérenne pour l'Afrique où ils continuent de réaliser un volume non négligeable de leur CA, ils ont sensiblement développé leur volume d'affaires en Amérique Latine depuis quelques années. Enfin, plus récemment, ils ont considérablement accru leurs activités en Océanie, multipliant les opérations de croissance externe.


    Les infrastructures de transport constituent traditionnellement le premier secteur d'activité des entreprises françaises à l'étranger, avec 31,9% de leur chiffre d'affaires international en 2020 (€14,4 Mds). L'énergie occupe la deuxième place, représentant 28,6% du chiffre d'affaires total (€13 Mds), suivie du génie civil  avec 13,8% (€6,3 Mds), du bâtiment (10,3% ; €4,7 Mds) et des services  avec 10,1% (€4,6 Mds). Les autres domaines d'activité sont : l'environnement/eau (4,6%) et le maritime/offshore (0,7%). 

    A l'exception du secteur de l'énergie, le CA international réalisé dans tous les autres domaines d'activité est en recul en 2020, de façon plus ou moins marquée : -26,3% dans les services, -14,1% dans le bâtiment et -4,7% dans le génie civil. La baisse est également conséquente dans le domaine du maritime/offshore sans pouvoir en tirer d'enseignements car elle peut s'expliquer par les changements de méthode de répartition du CA par secteur d'activité adoptés par certains de nos groupes. Le CA enregistré dans l'environnement/eau est quasiment resté inchangé (-0,26%) ainsi que dans les infrastructures de transport (-0,33%). A l'inverse, le secteur de l'énergie a connu une légère hausse d'activité avec une progression de 2,2%.

  • L'évolution de la répartition sectorielle depuis ces dernières années se caractérise par :
  • la part prépondérante des infrastructures de transport (environ un tiers du volume global), même si la hausse du CA depuis 2015 dans ce secteur n'est pas aussi dynamique que certains autres domaines d'activité ;
  • le poids croissant de l'énergie, dont la part (28,6% du CA en 2020 contre moins de 5% jusqu'en 2005) se rapproche progressivement de celle du secteur des infrastructures de transport ; 
  • la croissance des services : la part de ce secteur (regroupant le facility management et les concessions) a légèrement diminué en 2020 en raison de l'impact de la crise sanitaire. Il n'en reste pas moins que les services demeurent un axe majeur de la stratégie de développement des groupes français ;
  • la réduction importante de la part du bâtiment depuis plus de 10 ans : alors qu'elle représentait un peu plus de 20% jusqu'au début des années 2000, elle s'établit à 10,3% en 2020, soit son niveau le plus bas.



    Documents
  • Activité 2020 des entreprises françaises de construction à l'international