Activités en 2019


En dépit du « ralentissement synchronisé » de la croissance économique mondiale en 2019, les principaux groupes français de construction ont connu, une fois de plus, une année de fort développement sur les marchés extérieurs avec une hausse de 12% de leur chiffre d'affaires (CA) international, à €48 Mds.

En 2019, la part des activités internationales des entreprises françaises de construction atteint un niveau encore plus élevé, représentant désormais 48% de leur CA total (+2 points par rapport à 2018).

A l'exception du Moyen-Orient, le CA a continué à progresser dans toutes les zones en 2019 : +23% en Amérique du Nord, +12,6% en Afrique, +11,5% en Europe, +5,8% en Asie/Océanie (dont +8,6% en Océanie) et +4,9% en Amérique Latine. A l'inverse, le CA s'est une nouvelle fois contracté au Moyen-Orient (-1,8%). En Europe, la progression a concerné l'ensemble des composantes de la région (UE15, PECO et autres pays d'Europe). Si le rythme de croissance est resté soutenu en Europe occidentale (>10% depuis les trois dernières années), il s'est ralenti dans les pays d'Europe centrale et orientale (+4,6% en 2019) par rapport aux deux années précédentes. Enfin, la hausse du CA dans les pays européens hors UE est importante depuis 2018 (+21,3% en 2019).

Depuis la récession de 2008, le classement des principaux débouchés, sans avoir connu de bouleversements extrêmes, a légèrement évolué :
- l'Europe reste le principal débouché des groupes français avec 58% de leur CA international total en 2019 (soit €28 Mds) ;
- l'Amérique du Nord figure en 2ème position depuis les huit dernières années avec un CA en augmentation (€7,6 Mds) en 2019 (soit 15,9% du CA international) ;
- l'Asie/Océanie se positionne au 3ème rang depuis 2015, devant l'Afrique. Le CA s'y élève à €5,7 Mds en 2019 (soit 12%), répartis entre €3,2 Mds pour l'Asie et €2,5 Mds pour l'Océanie ;
- l'Afrique, qui occupait la troisième position des débouchés jusqu'en 2014, figure à la 4ème place (CA de €4 Mds, soit 8,3% du CA international) ;
- la position de l'Amérique Latine (CA de €1,9 Md, soit 4% du CA international) reste inchangée depuis 4 ans, au 5ème rang des débouchés en 2019 ;
- le Moyen-Orient se place au 6ème rang des débouchés (CA de €884 Mns, soit 1,8% du CA international en 2019).

Au sein du continent européen, la part de l'UE28 est largement prépondérante puisqu'elle concentre 86% du chiffre d'affaires (€24 Mds) tandis que celle des autres pays d'Europe y contribue à hauteur de 14% (€3,9 Mds). Au sein de l'UE, la part des activités réalisées dans les nouveaux Etats-membres continue à s'amoindrir nettement par rapport à son niveau d'avant-crise, n'atteignant plus que 15,5% en 2019 contre plus de 30% jusqu'en 2011.

  • L'évolution de la répartition géographique du chiffre d'affaires international des groupes français de construction se caractérise ces dernières années par :
  • la prépondérance des activités internationales sur le continent européen : si ce phénomène s'est accentué entre 2002 et 2006 sous l'effet de l'intégration des PECO au sein de l'Union européenne, la part de cette région représente toujours plus de la moitié du CA international des groupes (58% en 2019). Depuis la crise de 2008, le poids des nouveaux entrants a fortement reculé et le volume d'affaires dépend pour une large part des pays d'Europe occidentale. La montée en puissance constante des « autres pays d'Europe » depuis quelques années mérite aussi d'être soulignée avec une hausse du CA souvent supérieure à celle de l'UE15 ;
  • un ancrage solide en Amérique du Nord : elle est le deuxième débouché des groupes français depuis 2012 et le poids du marché nord-américain en fait l'une de leurs zones prioritaires d'intervention. Les rachats d'entreprises réalisés en 2018 ont permis une nouvelle phase de développement depuis deux ans ;
  • la capacité de résilience en Afrique : malgré un contexte concurrentiel exacerbé et le recul du CA des groupes français entre 2014 et 2018 dans cette région (modéré en comparaison avec les autres groupes européens), leurs activités sont reparties à la hausse en 2019 (+12,6%). Si la part de cette région est désormais inférieure à 10% depuis les trois dernières années, elle se maintient néanmois à un niveau relativement élevé (8,3% en 2019) ;
  • la montée en puissance de la région Océanie : la part de cette région est supérieure à 5% depuis 2018 (5,3% en 2019) grâce aux opérations de croissance externe réalisées récemment par les groupes français ;
  • une présence géographique diversifiée : malgré un environnement économique instable et de fortes disparités selon les pays/secteurs d'activité depuis la crise de 2008, tant dans les Etats développés que dans les pays émergents, les groupes français qui s'étaient redéployés dans ces régions à la fin des années 2000 continuent d'y réaliser un volume conséquent. Outre leur intérêt pérenne pour l'Afrique, ils ont sensiblement développé leurs activités en Amérique Latine depuis quelques années (part de 4,1% en 2019 vs. 2,9% en 2010). En Afrique, malgré un contexte concurrentiel croissant et des incertitudes pesant sur la situation économique et politique de certains Etats de la région, ils continuent d'y réaliser un volume non négligeable de leur CA.


    Les infrastructures de transport représentent traditionnellement le premier secteur d'activité des entreprises françaises à l'étranger, avec 30,1% de leur chiffre d'affaires international en 2019 (€14,5 Mds). L'énergie occupe la deuxième place, représentant 20,1% du chiffre d'affaires total (€9,7 Mds), suivie des services avec 19,1% (€9,2 Mds), du génie civil avec 13,7% (€6,6 Mds) et du bâtiment (11,3% ; €5,4 Mds). Les autres domaines d'activité sont : l'environnement/eau (4,3%) et le maritime/offshore (1,4%).

    A l'exception du secteur des services (+113,6%) et du génie civil (+11%), la croissance du CA a connu un ralentissement en 2019 dans la majorité des secteurs par rapport à 2018 : +11% dans les infrastructures de transport et +8% dans le bâtiment. Il a même reculé dans l'énergie (-16,5%), le maritime/offshore (-16,4%) et l'environnement/eau (-8,4%).

  • L'évolution de la répartition sectorielle depuis ces dernières années se caractérise par :
  • la part prépondérante des infrastructures de transport (environ 30% du volume global), même si la hausse du CA depuis 2010 dans ce secteur n'est pas aussi dynamique que certains autres secteurs ;
  • le poids croissant de l'énergie de manière générale depuis 2005 (20% du CA en 2019 contre moins de 5% jusqu'en 2005) ;
  • la croissance forte de la part des services depuis les deux dernières années (20% du CA en 2019 vs. 7% en 2017) ;
  • la réduction importante de la part du bâtiment : alors qu'elle représentait un peu plus de 20% jusqu'au début des années 2000, elle s'établit à 11,3% en 2019.



    Documents
  • Activité 2019 des entreprises françaises de construction à l'international