Activités en 2018


 En dépit de la légère décélération de la croissance économique mondiale en 2018, surtout sensible à partir du second semestre de l'année, les principaux groupes français de construction ont connu une année de fort développement sur les marchés extérieurs avec une hausse de 14,4% de leur chiffre d'affaires (CA) international, à €43 Mds. Si la conjoncture dans le secteur de la construction a été dynamique dans de nombreuses régions, cette performance s'explique aussi par d'importantes opérations de croissance externe réalisées au cours de l'année.

En 2018, la part des activités internationales atteint 46,1% de leur CA total (+10 points par rapport à 2013). 

A l'exception de l'Afrique et du Moyen-Orient, le CA s'est fortement accru dans toutes les autres zones en 2018 : +29% en Amérique du Nord, +21,1% en Asie/Océanie (dont +52,3% en Océanie), +16% en Amérique Latine et +13,2% en Europe. A l'inverse, le CA s'est contracté au Moyen-Orient (-2,9%) et en Afrique (-1,7%). En Europe, la progression a concerné l'ensemble des composantes de la région (UE15, PECO àpays d'Europe centrale et orientaleà et autres pays d'Europe). Les activités en Europe centrale et orientale se sont développées avec vigueur (+19,9% en 2018). La croissance du CA dans les pays d'Europe occidentale est elle aussi dynamique depuis 2017 (+10,6% en 2018), en dépit des incertitudes toujours liées au Brexit. Enfin, le rythme de croissance du CA dans les pays européens hors UE s'est beaucoup accéléré en 2018 (+21,3%).

Depuis la récession de 2008, le classement des principaux débouchés, sans avoir connu de bouleversements extrêmes, a légèrement évolué :
- l'Europe reste le principal débouché des groupes français avec 58,3% de leur CA international total en 2018 (soit €25 Mds) ;
- l'Amérique du Nord figure en 2ème position depuis les sept dernières années avec un CA de €6,2 Mds en 2018 (soit 14,4%) ;
- l'Asie/Océanie se positionne au 3ème rang depuis 2015, devant l'Afrique. Le CA s'y élève à €5,4 Mds en 2018 (soit 12,7%), répartis entre €3,1 Mds pour l'Asie et €2,3 Mds pour l'Océanie ; 
- l'Afrique figure à la 4ème place (CA de €3,5 Mds, soit 8,2% du CA international) ;
- la position de l'Amérique Latine (CA de €1,9 Md, soit 4,3% du CA international) reste inchangée depuis 3 ans, au 5ème rang des débouchés ;
- le Moyen-Orient se place au 6ème rang des débouchés (CA de €900 Mns, soit 2,1% du CA international). 

Au sein du continent européen, la part de l'UE28 est largement prépondérante puisqu'elle concentre 87,2% du chiffre d'affaires (€21,8 Mds) tandis que celle des autres pays d'Europe y contribue à hauteur de 12,8% (€3,2 Mds). Au sein de l'UE, la part des activités réalisées dans les nouveaux Etats-membres s'est nettement amoindrie par rapport à son niveau d'avant-crise, n'atteignant plus que 16,3% en 2018 contre plus de 30% jusqu'en 2011. 


  • L'évolution de la répartition géographique du chiffre d'affaires international des groupes français de construction se caractérise ces dernières années par :
  • la prépondérance des activités internationales sur le continent européen : si ce phénomène s'est accentué entre 2002 et 2006 sous l'effet de l'intégration des PECO au sein de l'Union européenne, la part de cette région représente toujours plus de la moitié du CA international des groupes (58,3% en 2018). Depuis la crise de 2008, le poids des nouveaux entrants a fortement reculé et le volume d'affaires dépend pour une large part des pays d'Europe occidentale. La montée en puissance des autres pays d'Europe mérite aussi d'être soulignée depuis quelques années avec une hausse du CA souvent supérieure à celle de l'UE15 ;
  • un ancrage solide en Amérique du Nord : elle est le deuxième débouché des groupes français depuis 2012 et le poids du marché nord-américain en fait l'une de leurs zones prioritaires d'intervention. Du fait des rachats d'entreprises réalisés en 2018, le CA dans cette région devrait connaître une nouvelle phase de développement ; 
  • la montée en puissance de la région Océanie : la part de cette région est en croissance depuis 2012, atteignant 5,4% en 2018. Au vu du carnet de commandes à la fin 2018 et des opérations de croissance externe réalisées depuis les deux dernières années par les groupes français, le poids de cette zone pourrait encore se renforcer au cours des années à venir ; 
  • une présence géographique diversifiée : malgré un environnement économique instable et fortes disparités selon les pays/secteurs d'activités depuis la crise de 2008, tant dans les Etats développés que dans les pays émergents, les groupes français qui s'étaient redéployés dans ces régions à la fin des années 2000, continuent d'y réaliser un volume conséquent. Outre leur intérêt pérenne pour l'Afrique, ils ont sensiblement développé leurs activités en Amérique Latine depuis quelques années (part de 4,3% en 2018 vs 2,9% en 2010). En Afrique, malgré un contexte concurrentiel croissant et des incertitudes pesant sur la situation économique et politique de certains Etats de la région, ils continuent d'y réaliser un volume non négligeable de leur CA.

    Les infrastructures de transport représentent traditionnellement le premier secteur d'activité des entreprises françaises à l'étranger, avec 30,3% de leur chiffre d'affaires international en 2018 (€13 Mds). L'énergie occupe la deuxième place, représentant 27% du chiffre d'affaires total (€11,6 Mds), suivie du génie civil  avec 13,8% (€5,9 Mds), du bâtiment (11,7% ; €5 Mds) et des services  (10% ; €4,3 Mds). Les autres domaines d'activités sont : l'environnement/eau (5,3%) et le maritime/offshore (1,9%). 

    Les principaux domaines d'activité des groupes français à l'international ont connu une croissance soutenue en 2018 : +17% pour les infrastructures de transport, +63,4% dans les services (facility management), +34,7% pour le maritime/offshore, +23,2% dans le bâtiment. Elle a été plus modérée dans l'énergie (+8,5%) et le génie civil (+5,6%). En revanche, le CA dans l'environnement/eau a nettement reculé (-18,9%), pour la troisième année consécutive. 


  • L'évolution de la répartition sectorielle depuis ces dernières années se caractérise par :
  • la part prépondérante des infrastructures de transport (environ 30% du volume global), même si la hausse du CA depuis 2010 dans ce secteur n'est pas aussi dynamique que certains autres secteurs ;
  • le poids croissant de l'énergie (27% du CA en 2018 contre moins de 5% jusqu'en 2005) ;
  • la réduction importante de la part du bâtiment depuis 10 ans : alors qu'elle représentait un peu plus de 20% jusqu'au début des années 2000, elle s'établit à 11,7% en 2018 (niveau plancher atteint en 2017 avec 10,9%).



    Documents
  • Résultats 2017 des groupes français de construction à l'international