Activités en 2016


Dans un environnement économique mondial difficile, le chiffre d'affaires (CA) international des principaux groupes français de construction s'est contracté en 2016 (-3,6%) à €36 Mds , après plusieurs années de croissance ininterrompue.

Néanmoins, la part des activités internationales s'est légèrement accrue, et ce, pour la 5ème année consécutive, pour atteindre 43,9% de leur CA total (37,3% en 2013).

Si leur CA est en baisse dans de nombreuses régions du monde en 2016, les variations sont contrastées : la réduction a été particulièrement sensible au Moyen-Orient (-10,3%), en Afrique (-9,2%), en Asie (-7%) et en Amérique du Nord (-5,4%)  ; en Europe, alors que la reprise du marché était sensible depuis deux ans, le niveau d'activités a reculé en 2016 (-2,3%). Au sein de la région, si le CA s'est effondré (-33%) dans les nouveaux Etats membres (PECO essentiellement), il s'est apprécié dans l'UE15 (+5,9%) et dans les pays européens hors UE (+1%).
En dehors de l'UE15, des pays européens hors UE et de l'Océanie (+9,8%), le CA s'est également apprécié en 2016 en Amérique Latine (+2,8%).

Depuis la récession de 2008, le classement des principaux débouchés, sans avoir connu de bouleversements extrêmes, a légèrement évolué :
  • l'Europe, en dépit d'un léger recul, reste le principal débouché des groupes français avec 55,7% de leur CA international total en 2016  (soit €20 Mds) ;
  • l'Amérique du Nord figure en 2ème position depuis les cinq dernières années avec un CA de €5 Mds (soit 14%) ;
  • l'Asie/Océanie se positionne au 3ème rang avec un CA de €4,4 Mds (soit 12,1%), répartis entre €3,1 Mds pour l'Asie et €1,3 Md pour l'Océanie ;
  • l'Afrique figure à la 4ème place (CA de €3,7 Mds, soit 10,2% du CA international) ;
  • l'Amérique Latine se positionne au 5ème rang (CA de €1,7 Md, soit 4,6% du CA international) ;
  • le Moyen-Orient se place au 6ème rang des débouchés depuis 2015 (CA de €1,2 Md, soit 3,3% du CA international).

    Au sein du continent européen, la part de l'UE28 est largement prépondérante puisqu'elle concentre 87,3% du chiffre d'affaires (€17,5 Mds) tandis que celle des autres pays d'Europe y contribue à hauteur de 12,7% (€2,5 Mds). Au sein de l'UE, la part des activités réalisée dans les nouveaux Etats membres s'est nettement amoindrie par rapport à son niveau d'avant crise, n'atteignant plus que 15,1% en 2016 contre plus de 30% jusqu'en 2011.

  • L'évolution de la répartition géographique du chiffre d'affaires international des groupes français de construction se caractérise ces dernières années par :
  • la prépondérance des activités internationales sur le continent européen : si ce phénomène s'est accentué entre 2002 et 2006 sous l'effet de l'intégration des PECO au sein de l'Union européenne, la part de cette région représente plus de la moitié du CA international des groupes (55,7% en 2016). Depuis la crise de 2008, le poids des nouveaux entrants a fortement reculé (15,1% en 2016 du total UE vs 34,7% en 2007) et le volume d'affaires dépend pour une large part des pays d'Europe occidentale. La montée en puissance des autres pays d'Europe mérite aussi d'être soulignée depuis cinq ans avec une hausse du CA souvent supérieure à celle de l'UE15 comme de l'UE28 ;
  • un ancrage solide en Amérique du Nord : depuis 5 ans, elle est le deuxième débouché des groupes français et le poids du marché nord-américain en fait l'une de leurs zones prioritaires d'intervention ;
  • une présence géographique diversifiée, y compris dans les pays émergents : malgré un environnement économique instable depuis la crise de 2008, tant dans les Etats développés que dans les pays émergents, les groupes français continuent d'y réaliser un volume important et croissant d'activités. Outre leur intérêt pérenne pour l'Afrique et l'Asie, elles ont sensiblement développé leurs activités en Amérique Latine depuis quelques années (part de 4,6% en 2016 vs 2,9% en 2010). En Afrique, du fait d'un contexte concurrentiel croissant et de la baisse du cours des matières premières et du pétrole qui impacte certains pays de la zone, elles enregistrent depuis 3 ans un recul important de leur CA (-14% depuis 2013).


    Les infrastructures de transport représentent traditionnellement le premier secteur d'activité des entreprises françaises à l'étranger, avec 29% de leur chiffre d'affaires international en 2016 (€10,4 Mds). L'énergie occupe la deuxième place, représentant 24,3% du chiffre d'affaires total (€8,7 Mds) , suivie du génie civil  avec 14,4% (€5,2 Mds), du bâtiment (13,2% ; €4,8 Mds) et de l'environnement/eau (9,8% ; €3,5 Mds). Les autres domaines d'activités sont : les services  (7,1%) et le maritime/offshore (2,2%).

    Le CA réalisé en 2016 est orienté à la baisse dans la plupart des secteurs, exception faite des services (+9,8%), de l'énergie (+0,8%) et du maritime/offshore. Le bâtiment a été l'un des domaines où la contraction du CA a été la plus marquée (-17,4%), suivi du génie civil (-13,9%) et de l'environnement/eau (-6,8%). La réduction a été de moindre ampleur dans les infrastructures de transport (-2,7%).

  • L'évolution de la répartition sectorielle depuis ces dernières années se caractérise par :
  • la part prépondérante des infrastructures de transport (environ 30% du volume global), même si la hausse du CA depuis 2010 dans ce secteur reste limitée ;
  • l'effritement progressif de la part du bâtiment depuis 10 ans : alors qu'elle représentait un peu plus de 20% jusqu'au début des années 2000, elle s'établit à 13,2% en 2016 ;
  • le poids croissant de l'énergie (24,3% du CA en 2016 contre moins de 5% jusqu'en 2005).

    Documents
  • Résultats 2016 des groupes français de construction à l'international