Activités en 2015


Malgré un ralentissement global de la croissance économique dans de nombreuses régions du monde en 2015 et les tensions apparues au sein de plusieurs grands pays émergents, le chiffre d'affaires (CA) international des principaux groupes français de construction s'inscrit une nouvelle fois en progression soutenue en 2015 (+6,7%), à €37,3 Mds, poursuivant la dynamique de croissance engagée depuis 2010 (hausse de 43,7%).

Depuis 4 ans, la part des activités internationales dans le chiffre d'affaires global des entreprises françaises s'accroît de façon continue, pour atteindre 43,6% en 2015 (37,3% en 2013).

A l'exception de l'Afrique et du Moyen-Orient, le CA est en nette hausse dans les autres zones en 2015 : +31,2% en Amérique Latine, +13,6% en Amérique du Nord, +11% en Asie/Océanie (dont +23,3% en Océanie), +6% en Europe. Si le CA dans les pays de l'UE15 est resté stable du fait de l'atonie du marché, la conjoncture a été particulièrement dynamique dans les nouveaux Etats membres (accroissement de 35,3% du CA) et dans les pays non membres de l'UE, dans une moindre mesure.
En revanche, le CA au Moyen-Orient a légèrement reculé en 2015 (-2,7%), après la très forte progression de l'an passé, ainsi qu'en Afrique (-5,3%).

Depuis la récession de 2008, le classement des principaux débouchés, sans avoir connu de bouleversements extrêmes, a légèrement évolué :
  • l'Europe reste le principal débouché des groupes français avec 55% de leur CA international total en 2015 (soit €20,5 Mds) ;
  • l'Amérique du Nord figure en 2ème position depuis les quatre dernières années avec un CA de €5,3 Mds en 2015 (soit 14,3%) ;
  • l'Asie se positionne au 3ème rang en 2015, devant l'Afrique qui occupait depuis quelques années cette place. Leur CA s'élève à €4,5 Mds (soit 12%), répartis entre €3,3 Mds pour l'Asie et €1,2 Md pour l'Océanie ;
  • l'Afrique, qui occupait la troisième position des débouchés jusqu'en 2014 (depuis 2011), passe à la 4ème place en 2015 (CA de €4 Mds, soit 10,9% du CA international) ;
  • la position de l'Amérique Latine (CA de €1,6 Md, soit 4,3% du CA international), qui figure au 5ème rang des débouchés en 2015, oscille entre la 5ème et 6ème place selon le niveau de CA au Moyen-Orient ;
  • le Moyen-Orient se place au 6ème rang des débouchés en 2015 (CA de €1,3 Md, soit 3,5% du CA international), devancé par l'Amérique Latine.

    Au sein du continent européen, la part de l'UE28 est largement prépondérante puisqu'elle concentre 87,7% du chiffre d'affaires (€18 Mds) tandis que celle des autres pays d'Europe y contribue à hauteur de 12,3% (€2,5 Mds). Au sein de l'UE, la part des activités réalisée dans les nouveaux Etats membres est importante (22,1% du chiffre d'affaires de l'UE28, soit €4 Mds) même si elle s'inscrit en repli constant par rapport à son niveau d'avant crise.

  • L'évolution de la répartition géographique du chiffre d'affaires international des groupes français de construction se caractérise ces dernières années par :
  • la prépondérance des activités internationales sur le continent européen : si ce phénomène s'est accentué entre 2002 et 2006 sous l'effet de l'intégration des PECO au sein de l'Union européenne, la part de cette région représente plus de la moitié du CA international des groupes (55% en 2015). Depuis la crise de 2008, le poids des nouveaux entrants a reculé (22,1% en 2015 du total UE vs 34,7% en 2007) et le volume d'affaires dépend pour une large part des pays d'Europe occidentale. La montée en puissance des autres pays d'Europe mérite aussi d'être soulignée depuis quatre ans avec une hausse du CA supérieure à celle de l'UE15 comme de l'UE28 ;
  • un ancrage solide en Amérique du Nord : depuis 4 ans, elle est le deuxième débouché des groupes français et le dynamisme du marché nord-américain en fait l'une de leurs zones prioritaires d'intervention ;
  • le redéploiement des activités dans les pays émergents : si la part des pays émergents dans le CA international est tombée à 18% entre 2003 et 2005 (contre plus de 40% jusqu'en 1996), la vitalité de ces marchés depuis lors, y compris dans le domaine de la construction, leurs perspectives économiques à moyen terme ainsi que leurs importants besoins dans le domaine des infrastructures, conjugués à la faiblesse de la croissance dans les économies développées, ont entraîné un renouveau d'intérêt à l'égard de ces Etats, dont la part s'établit à 27,7% en 2015 (Moyen-Orient inclus).

    Les infrastructures de transport représentent traditionnellement le premier secteur d'activité des entreprises françaises à l'étranger, avec 28,8% de leur chiffre d'affaires international en 2015 (€10,7 Mds). L'énergie occupe la deuxième place pour partie du fait de l'intégration depuis 2011 de Vinci Energies dans notre échantillon, représentant 23,2% du chiffre d'affaires total (€8,7 Mds), suivie du génie civil  avec 16,1% (€6 Mds), du bâtiment (15,4% ; €5,7 Mds) et de l'environnement/eau (10,2% ; €3,8 Mds). Les autres domaines d'activités sont : les services (6,2%) et le maritime/offshore (0,1%).

    L'évolution du CA par secteur est relativement linéaire depuis deux ans : le niveau de CA dans le maritime/offshore accuse de nouveau un recul majeur en 2015 (-91,6%) tandis que les secteurs les plus dynamiques restent le génie civil (+16%), l'énergie (+14,1%) et l'environnement/eau (+13,4%). La croissance dans les infrastructures de transports est poussive depuis 2010 (+2,5%). Alors que le secteur des services était en croissance forte depuis plusieurs années, le CA a légèrement fléchi en 2015 (-0,7%).

  • L'évolution de la répartition sectorielle depuis ces dernières années se caractérise par :
  • la part prépondérante des infrastructures de transport (environ 30% du volume global) même si la hausse du CA depuis 2010 dans ce secteur reste limitée ;
  • l'effritement progressif de la part du bâtiment depuis 10 ans même s'il s'agit d'un phénomène de faible ampleur : alors qu'elle représentait un peu plus de 20% jusqu'au début des années 2000, elle s'établit à 15,4% en 2015 ;
  • le poids croissant de l'énergie (23,2% du CA en 2015 contre moins de 5% jusqu'en 2005), y compris sans la contribution de Vinci Energies.
    Documents
  • Résultats 2015 des groupes français de construction à l'international